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Traitement

Syndrome génito-urinaire de la ménopause : quelles sont les options thérapeutiques?

Lubrifiants, hydratants, estrogènes vaginaux, prastérone, ospémifène, physiothérapie : tour d'horizon des options pour soulager le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM).

Rédigé par Guerda Romain, B.Sc. inf., M.Sc.

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) peut entraîner de la sécheresse, une sensation de brûlure ou d'irritation, des douleurs lors des relations sexuelles ainsi que différents symptômes urinaires. Ces manifestations peuvent affecter le confort quotidien, la santé sexuelle et la qualité de vie.

Contrairement à plusieurs symptômes de la transition ménopausique, le SGUM tend rarement à disparaître spontanément. Sans prise en charge adéquate, les changements des tissus vulvaires, vaginaux et urinaires peuvent persister ou progresser avec le temps. Heureusement, plusieurs options thérapeutiques permettent de soulager les symptômes et, dans certains cas, d'agir directement sur la santé des tissus concernés.

En bref

  • Les lubrifiants et les hydratants vaginaux peuvent soulager certains symptômes légers ou compléter un traitement prescrit.
  • Les estrogènes vaginaux à faible dose sont les traitements pharmacologiques les mieux étudiés et sont offerts sous plusieurs formes.
  • La prastérone vaginale et l'ospémifène oral constituent d'autres options prescrites.
  • La physiothérapie du plancher pelvien peut être utile lorsque la douleur, la tension musculaire ou certains symptômes urinaires persistent.
  • Le traitement doit souvent être poursuivi à long terme, puisque les symptômes ont tendance à réapparaître lorsqu'il est interrompu.

Le traitement du SGUM doit-il être le même pour toutes les femmes?

Il n'existe pas une seule approche qui convient à toutes les situations. Le choix du traitement dépend notamment des symptômes présents, de leur intensité, de leurs répercussions, des traitements déjà essayés, des antécédents médicaux, des préférences de la femme ainsi que de la facilité d'utilisation et de la couverture du produit.

Certaines femmes recherchent principalement un soulagement de la sécheresse. D'autres présentent aussi des douleurs, une irritation vulvaire, une urgence urinaire ou des infections urinaires récurrentes. Une prise en charge personnalisée permet donc de choisir l'option qui correspond le mieux aux symptômes, aux priorités et au contexte de santé de chaque femme.

Les lubrifiants et les hydratants vaginaux

Les lubrifiants et les hydratants vaginaux sont souvent regroupés, mais ils ne jouent pas exactement le même rôle.

Les lubrifiants

Les lubrifiants agissent de façon ponctuelle. Ils sont principalement utilisés au moment d'une activité sexuelle afin de diminuer la friction et l'inconfort. Leur effet est temporaire et ils ne modifient pas directement l'épaisseur, l'élasticité ou la santé à long terme des tissus vaginaux.

Les hydratants vaginaux

Les hydratants sont plutôt utilisés régulièrement, indépendamment des activités sexuelles. Ils peuvent procurer un soulagement plus durable de la sécheresse et de l'inconfort. Ils peuvent être suffisants lorsque les symptômes sont légers ou être utilisés en complément d'un traitement prescrit.

Lorsque les changements tissulaires sont plus importants, les lubrifiants et les hydratants ne procurent toutefois pas toujours un soulagement adéquat à eux seuls. Il est généralement préférable de choisir des produits sans parfum et contenant le moins possible d'ingrédients irritants. Les douches vaginales, les nettoyants parfumés et les désodorisants intimes peuvent aggraver l'irritation.

La physiothérapie du plancher pelvien et les approches complémentaires

Le déficit hormonal n'est pas toujours le seul facteur qui contribue à la douleur ou à l'inconfort. Lorsqu'une relation sexuelle, un examen gynécologique ou l'insertion d'un produit devient douloureux, les muscles du plancher pelvien peuvent se contracter de façon involontaire. Cette tension peut ensuite entretenir la douleur, même lorsque la sécheresse commence à s'améliorer.

Une physiothérapie spécialisée en santé pelvienne peut être pertinente en présence de douleurs lors de la pénétration, d'une tension ou d'une hyperactivité du plancher pelvien, d'une difficulté à insérer un tampon ou un applicateur, de certains symptômes urinaires ou de douleurs vulvaires et pelviennes persistantes.

Des dilatateurs vaginaux peuvent également être proposés dans certaines situations, particulièrement lorsqu'un rétrécissement vaginal ou une douleur à la pénétration s'est développé. Une consultation en sexologie peut aussi être utile lorsque les symptômes ont des répercussions sur le désir, l'excitation, l'intimité ou la relation.

Les estrogènes vaginaux à faible dose

Les estrogènes vaginaux à faible dose sont les traitements pharmacologiques les mieux étudiés pour le SGUM. Ils sont appliqués directement dans la région vaginale afin d'agir principalement sur les tissus génitaux et urinaires.

Ils peuvent contribuer à améliorer l'hydratation et l'élasticité des tissus, à diminuer la sécheresse, les brûlures et l'irritation, à réduire la douleur lors des relations sexuelles et à soulager certains symptômes urinaires. Chez les femmes qui présentent des infections urinaires récurrentes, ils peuvent également réduire le risque de nouvelles infections.

Quelles sont les différentes formes disponibles?

Au Canada, plusieurs formulations sont offertes. Les données disponibles indiquent que les différentes formulations vaginales d'estrogènes ont une efficacité globalement comparable. Le choix repose donc souvent sur la région à traiter, les préférences, la dextérité, la fréquence d'application, le coût et la couverture d'assurance.

Crème vaginale. La crème permet d'adapter la quantité utilisée et de traiter les tissus vaginaux ainsi que, lorsque cela est indiqué, la vulve, le vestibule ou la région entourant l'ouverture de l'urètre. Certaines femmes la trouvent toutefois plus salissante ou moins facile à mesurer.

Comprimé ou ovule vaginal. Ces formulations procurent une dose prédéterminée. Pour plusieurs produits, le traitement commence par une application quotidienne pendant environ 14 jours, suivie d'un traitement d'entretien deux ou trois fois par semaine.

Anneau vaginal à faible dose. L'anneau demeure en place et libère une faible quantité d'estradiol de façon continue. Il est généralement remplacé tous les trois mois.

Les schémas présentés sont des exemples généraux. La dose et la fréquence exactes varient selon le produit, sa monographie, les symptômes et l'ordonnance reçue.

Est-ce la même chose que l'hormonothérapie systémique?

Non. Les préparations vaginales à faible dose produisent principalement une action locale et entraînent généralement une exposition sanguine beaucoup plus faible que les estrogènes administrés par voie orale ou transdermique.

Avec les formulations vaginales à faible dose habituellement utilisées, l'ajout d'un progestagène systémique n'est généralement pas nécessaire. Une surveillance systématique de l'endomètre n'est pas recommandée uniquement en raison de leur utilisation chez une femme sans symptôme préoccupant. Certaines formulations peuvent toutefois comporter des consignes particulières dans leur monographie.

Tout saignement vaginal inexpliqué, particulièrement après la ménopause, doit néanmoins faire l'objet d'une évaluation.

La prastérone vaginale

La prastérone, aussi appelée DHEA ou déhydroépiandrostérone, est une autre option hormonale locale. Elle est administrée sous forme d'ovule vaginal, généralement à une dose de 6,5 mg une fois par jour.

Une fois dans les cellules des tissus vaginaux, la prastérone est transformée localement en estrogènes et en androgènes. Elle peut améliorer la sécheresse et la douleur lors des relations sexuelles. Comme pour les autres traitements prescrits, son utilisation doit tenir compte des antécédents, des symptômes, des préférences et des précautions propres au produit.

L'ospémifène oral

L'ospémifène est un modulateur sélectif des récepteurs des estrogènes, parfois désigné par l'acronyme SERM. Il est pris par voie orale, habituellement à une dose de 60 mg par jour avec de la nourriture.

Il peut être utilisé chez les femmes ménopausées pour traiter une sécheresse vaginale ou une douleur lors des relations sexuelles d'intensité modérée ou importante. L'administration orale peut représenter une option lorsque l'application d'un traitement vaginal est difficile ou impossible.

L'ospémifène n'est toutefois pas un traitement strictement local. Il possède ses propres précautions, contre-indications et effets indésirables possibles. Son profil doit donc être évalué séparément de celui des estrogènes vaginaux à faible dose.

Quel est le rôle de l'hormonothérapie systémique?

L'hormonothérapie systémique peut être pertinente lorsqu'une femme présente à la fois un SGUM et d'autres symptômes de la ménopause, comme des bouffées de chaleur ou des sueurs nocturnes. Notre page sur l'hormonothérapie à la ménopause présente plus en détail cette option et ses différentes formes.

Elle peut améliorer certains symptômes génito-urinaires, mais elle n'est généralement pas le premier choix lorsque le SGUM est la seule manifestation à traiter. Dans cette situation, un traitement local permet de cibler directement les tissus concernés tout en limitant l'exposition du reste de l'organisme.

Certaines femmes qui utilisent déjà une hormonothérapie systémique continuent de présenter de la sécheresse, de la douleur ou des symptômes urinaires. Un traitement local peut alors être ajouté après une évaluation individualisée.

Qu'en est-il des infections urinaires récurrentes?

Pendant la ménopause, les changements des tissus vaginaux et urinaires peuvent modifier le pH vaginal et diminuer la présence de certaines bactéries protectrices. Ces changements peuvent favoriser les infections urinaires chez certaines femmes.

Chez les femmes en périménopause ou en ménopause qui présentent des infections urinaires récurrentes, les lignes directrices recommandent les estrogènes vaginaux à faible dose afin de réduire le risque de nouvelles infections, lorsqu'aucune contre-indication ne s'y oppose.

Une vaste analyse de données publiée en 2026 a également observé que la prescription d'estrogènes vaginaux peu après un diagnostic d'infections urinaires récurrentes était associée à une diminution des hospitalisations, des épisodes de sepsis et des décès (LaClair et al., 2026). Puisqu'il s'agit d'une étude observationnelle, elle démontre une association et non une relation de cause à effet.

Une sensation de brûlure, une urgence ou une fréquence urinaire ne signifie cependant pas toujours qu'une infection est présente. Lorsque les symptômes persistent, récidivent rapidement ou surviennent malgré des cultures négatives, d'autres causes doivent être recherchées.

Et en présence d'un antécédent de cancer du sein?

Les symptômes génito-urinaires peuvent être particulièrement importants chez les femmes qui ont reçu certains traitements contre le cancer du sein, notamment les inhibiteurs de l'aromatase.

Dans ce contexte, les options non hormonales sont généralement envisagées en premier. Lorsque les symptômes demeurent importants malgré une utilisation adéquate de lubrifiants et d'hydratants, un estrogène vaginal à faible dose peut parfois être considéré dans le cadre d'une décision partagée.

La discussion doit tenir compte du type de cancer, du risque de récidive, des traitements actuels, de la gravité des symptômes et des préférences de la femme. Une collaboration avec l'équipe d'oncologie est particulièrement importante chez les femmes qui prennent un inhibiteur de l'aromatase.

Qu'en est-il du laser vaginal et de la radiofréquence?

Des traitements utilisant le laser vaginal ou la radiofréquence sont parfois proposés pour la sécheresse, la douleur ou d'autres manifestations du SGUM.

Les données disponibles demeurent toutefois insuffisantes pour recommander leur utilisation courante. Des études comparatives à plus long terme sont encore nécessaires pour mieux établir leur efficacité, leur innocuité et la durée de leurs effets. Ces interventions ne devraient donc pas être présentées comme équivalentes ou supérieures aux traitements dont l'efficacité est mieux établie.

Combien de temps faut-il avant de constater une amélioration?

Certaines femmes observent une diminution de la sécheresse ou de l'inconfort au cours des premières semaines. Une période pouvant aller jusqu'à environ trois mois peut toutefois être nécessaire avant de bien évaluer l'effet d'un traitement local.

Un suivi après l'amorce ou la modification du traitement permet de vérifier l'évolution des symptômes, la bonne utilisation du produit, la tolérance et la nécessité de modifier la dose, la forme ou l'approche choisie.

Lorsque la réponse est insuffisante malgré une utilisation appropriée, il est important de reconsidérer les autres causes possibles des symptômes. Un changement de formulation ou une autre option thérapeutique peut ensuite être envisagé.

Pendant combien de temps le traitement peut-il être poursuivi?

Le SGUM est généralement une condition chronique. Contrairement aux bouffées de chaleur, qui peuvent éventuellement s'atténuer, les changements génito-urinaires tendent à persister lorsque le déficit hormonal se maintient.

Un traitement local peut donc être poursuivi aussi longtemps que les symptômes demeurent incommodants et que son utilisation reste appropriée. Les manifestations réapparaissent fréquemment lorsque le traitement est interrompu. La nécessité de poursuivre, d'ajuster ou de changer le traitement peut être réévaluée périodiquement.

Quand une nouvelle évaluation est-elle particulièrement importante?

Une nouvelle évaluation est indiquée lorsque les symptômes ne s'améliorent pas comme prévu ou lorsqu'un élément inhabituel apparaît. Elle est particulièrement importante en présence :

  • d'un saignement vaginal inexpliqué ou d'un saignement après la ménopause;
  • d'une douleur importante, nouvelle ou persistante;
  • de lésions, de plaies ou de changements visibles de la vulve;
  • de pertes inhabituelles ou d'une odeur persistante;
  • de symptômes urinaires qui récidivent malgré le traitement;
  • d'une absence d'amélioration malgré une utilisation appropriée du traitement;
  • d'un antécédent de cancer hormonodépendant;
  • d'une difficulté importante à insérer ou à appliquer le traitement.

Ces situations peuvent nécessiter un examen en personne ou la recherche d'autres causes, comme une infection, une affection dermatologique, une dysfonction du plancher pelvien, une vulvodynie ou une autre condition gynécologique ou urologique.

À retenir

  • Le syndrome génito-urinaire de la ménopause est fréquent, chronique et traitable.
  • Les lubrifiants et les hydratants peuvent être utiles, particulièrement lorsque les symptômes sont légers, mais ils ne corrigent pas toujours les changements tissulaires liés au déficit hormonal.
  • Les estrogènes vaginaux à faible dose sont les traitements pharmacologiques les mieux étudiés et sont offerts sous plusieurs formes d'efficacité comparable.
  • La prastérone vaginale, l'ospémifène oral, la physiothérapie du plancher pelvien et, dans certaines situations, l'hormonothérapie systémique peuvent aussi faire partie de la prise en charge.
  • Comme les manifestations tendent à récidiver à l'arrêt, le traitement est souvent envisagé dans une perspective à long terme, avec une réévaluation périodique.

Pour aller plus loin

Cet article fait suite à « Le syndrome génito-urinaire de la ménopause : des symptômes fréquents dont on parle encore trop peu », qui présente les mécanismes du SGUM, ses manifestations vulvaires, vaginales, sexuelles et urinaires ainsi que les situations dans lesquelles une évaluation est importante.

Comprendre la différence entre un lubrifiant, un hydratant, un estrogène vaginal, la prastérone et l'ospémifène permet de mieux saisir pourquoi le traitement doit être choisi selon les symptômes plutôt que selon une approche uniforme.

Si ces symptômes affectent votre quotidien, notre page sur la consultation en ménopause au Québec explique comment une consultation peut vous accompagner.

Avis

Cet article présente de l'information éducative générale. Il ne remplace pas une évaluation clinique ni les conseils d'une professionnelle de la santé.

Références et lectures suggérées

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  3. Institut national d'excellence en santé et en services sociaux. (2024, révisé le 24 février 2026). Prise en charge des manifestations cliniques liées à la ménopause par l'hormonothérapie : Outil d'aide à la prise en charge. Gouvernement du Québec. https://www.inesss.qc.ca/publications/repertoire-des-publications/publication/prise-en-charge-des-manifestations-cliniques-liees-a-la-menopause-par-lhormonotherapie.html

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  7. The NAMS 2020 GSM Position Statement Editorial Panel. (2020). The 2020 genitourinary syndrome of menopause position statement of The North American Menopause Society. Menopause, 27(9), 976–992. https://doi.org/10.1097/GME.0000000000001609

Guerda Romain, fondatrice de Pause Claire

Guerda Romain, B.Sc. inf., M.Sc.

Infirmière clinicienne, fondatrice de Pause Claire

Guerda Romain est infirmière clinicienne, titulaire d'une maîtrise en santé publique et membre de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Par l'entremise de Pause Claire, elle offre des soins en périménopause et en ménopause fondés sur les données probantes aux femmes du Québec.

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