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Symptômes

Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes : comprendre ce qui se passe et les traitements qui peuvent aider

Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes sont fréquentes pendant la transition ménopausique. Voici ce qui les provoque, combien de temps elles peuvent durer et quelles options peuvent aider.

Rédigé par Guerda Romain, B.Sc. inf., M.Sc.

En bref

  • Les bouffées de chaleur sont liées à une modification de la régulation de la température dans le cerveau, sous l'effet des fluctuations et de la diminution des estrogènes.
  • Elles peuvent commencer pendant la périménopause, alors que les menstruations sont encore présentes et parfois régulières.
  • Leur durée est souvent plus longue qu'on ne le pense : plusieurs femmes en éprouvent pendant sept ans ou davantage.
  • Certaines différences ont été observées entre les groupes ethnoraciaux, mais elles ne peuvent pas être expliquées uniquement par la biologie.
  • L'hormonothérapie demeure le traitement le plus efficace lorsqu'elle est appropriée.
  • Plusieurs options non hormonales fondées sur des données probantes sont également disponibles.

Une chaleur qui monte soudainement vers le visage et le haut du corps. Une transpiration qui apparaît sans avertissement. Un réveil au milieu de la nuit avec les vêtements ou les draps humides.

Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, aussi appelées symptômes vasomoteurs, comptent parmi les manifestations les plus fréquentes de la transition vers la ménopause. Elles toucheraient environ 70 à 80 % des femmes, mais leur fréquence, leur intensité et leurs répercussions varient considérablement. Pour certaines, elles demeurent occasionnelles. Pour d'autres, elles perturbent le sommeil, le travail, la concentration, l'humeur et la qualité de vie pendant plusieurs années.

Elles ne sont ni imaginaires ni simplement causées par le fait « d'avoir trop chaud ». Elles résultent de changements bien réels dans les mécanismes cérébraux qui régulent la température corporelle.

Qu'est-ce qu'une bouffée de chaleur?

Une bouffée de chaleur correspond à une sensation soudaine de chaleur, généralement ressentie au visage, au cou, à la poitrine ou dans le haut du corps. Elle peut s'accompagner de rougeurs, de transpiration, de palpitations, d'anxiété passagère ou d'une sensation de froid lorsque l'épisode se termine.

La plupart durent quelques minutes, mais leur fréquence peut varier de quelques épisodes par mois à plusieurs épisodes par jour.

Lorsqu'elles surviennent pendant le sommeil, on parle généralement de sueurs nocturnes. Certaines femmes sont réveillées par la sensation de chaleur elle-même. D'autres ne réalisent qu'un épisode s'est produit qu'en se réveillant avec les vêtements ou la literie humides.

Les sueurs nocturnes peuvent fragmenter le sommeil à répétition. Même lorsque les réveils sont courts, leur accumulation peut contribuer à la fatigue, à l'irritabilité, aux difficultés de concentration et à l'impression de ne jamais récupérer complètement.

Pourquoi les bouffées de chaleur surviennent-elles?

On entend souvent que les bouffées de chaleur sont simplement causées par un « manque d'estrogènes ». Cette explication est incomplète.

Pendant la périménopause, les taux d'estradiol ne diminuent pas nécessairement de façon régulière. Ils peuvent fluctuer fortement, avec des hausses et des baisses imprévisibles. Avec le temps, la production ovarienne d'estrogènes devient moins constante, puis diminue davantage après la ménopause.

Ces changements influencent un réseau de neurones situé dans l'hypothalamus, une région du cerveau impliquée dans la régulation de la température. Ce réseau comprend notamment les neurones dits KNDy, qui utilisent la kisspeptine, la neurokinine B et la dynorphine comme messagers chimiques. Lorsque l'exposition aux estrogènes diminue, l'activité de ce système se modifie, en particulier la signalisation par la neurokinine B.

Le cerveau semble alors tolérer une plage de température plus étroite qu'auparavant. Une très petite augmentation de la température interne, qui serait normalement passée inaperçue, peut être interprétée comme un besoin urgent de perdre de la chaleur.

Le corps déclenche alors rapidement ses mécanismes de refroidissement :

  • les vaisseaux sanguins situés près de la peau se dilatent;
  • la chaleur monte vers le visage et le haut du corps;
  • la transpiration augmente;
  • le rythme cardiaque peut s'accélérer;
  • une sensation de froid ou des frissons peuvent suivre lorsque la température redescend.

Les nouveaux médicaments qui bloquent certains récepteurs de la neurokinine ont d'ailleurs été développés directement à partir de cette compréhension plus précise de la physiopathologie.

Combien de temps les symptômes peuvent-ils durer?

Les bouffées de chaleur peuvent apparaître plusieurs années avant les dernières menstruations. Elles ne commencent donc pas uniquement une fois la ménopause confirmée.

Selon l'INESSS, les manifestations cliniques liées à la périménopause et à la postménopause persistent en moyenne entre quatre et sept ans, mais peuvent durer quinze ans ou davantage chez certaines femmes. Parmi celles-ci, les symptômes vasomoteurs figurent parmi les plus fréquents.

Dans l'étude américaine SWAN, qui a suivi des femmes de différents groupes ethnoraciaux pendant la transition ménopausique, la durée médiane totale des bouffées de chaleur fréquentes était de 7,4 ans. Chez les femmes dont les symptômes avaient commencé avant les dernières menstruations, leur durée était généralement plus longue.

Ces données sont des moyennes de population, et non une prédiction individuelle. Une femme peut éprouver des symptômes pendant quelques mois, alors qu'une autre continuera d'en avoir pendant de nombreuses années.

Il n'est donc pas nécessaire d'attendre en espérant qu'ils disparaissent rapidement lorsqu'ils nuisent déjà au sommeil, au fonctionnement quotidien ou à la qualité de vie.

Pourquoi certaines femmes sont-elles plus touchées que d'autres?

La fréquence et la persistance des bouffées de chaleur sont influencées par plusieurs facteurs. Les études ont notamment observé des associations avec :

  • le début des symptômes plus tôt dans la transition ménopausique;
  • le tabagisme;
  • un niveau de stress plus élevé;
  • les symptômes d'anxiété ou de dépression;
  • certaines différences de composition corporelle;
  • les conditions sociales et économiques;
  • l'état de santé général;
  • la manière dont les symptômes sont perçus, interprétés et rapportés.

Ces associations ne signifient pas qu'une femme est responsable de ses symptômes ou qu'elle pourrait nécessairement les faire disparaître en modifiant ses habitudes.

Existe-t-il des différences selon l'origine ethnoraciale?

Des différences ont été observées entre les groupes étudiés, particulièrement dans les cohortes américaines.

Dans l'étude SWAN, les femmes noires rapportaient en moyenne des symptômes plus fréquents et plus persistants. La durée médiane des symptômes vasomoteurs fréquents atteignait environ 10,1 ans chez les participantes noires, comparativement à des durées plus courtes dans les autres groupes étudiés.

Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec nuance.

Les catégories raciales et ethniques ne représentent pas des groupes biologiques homogènes. Les différences observées ne peuvent pas être réduites à une explication génétique ou hormonale. Elles peuvent refléter une interaction complexe entre plusieurs éléments :

  • l'exposition au stress chronique;
  • les expériences de discrimination;
  • les inégalités socioéconomiques;
  • les conditions de travail et de logement;
  • les comorbidités;
  • le tabagisme et d'autres expositions;
  • les différences culturelles dans la reconnaissance et la déclaration des symptômes;
  • l'accès à une évaluation et à des traitements appropriés.

Les chercheuses de SWAN soulignent notamment que le racisme structurel et les inégalités accumulées au cours de la vie peuvent contribuer aux écarts de santé observés entre les femmes noires et blanches.

La majorité de ces données provient également des États-Unis. Elles ne peuvent pas être transposées automatiquement à toutes les femmes ni à la population québécoise. Elles rappellent néanmoins l'importance de ne pas banaliser les symptômes et de tenir compte du contexte social, culturel et individuel dans l'évaluation clinique.

Est-ce toujours la périménopause ou la ménopause?

Les bouffées de chaleur typiques qui apparaissent pendant la transition ménopausique peuvent souvent être reconnues à partir de l'âge, de l'évolution des cycles menstruels et des symptômes associés. Chez les femmes de 45 ans et plus, des analyses hormonales ne sont généralement pas nécessaires pour établir que les symptômes sont liés à la transition ménopausique.

Une évaluation plus approfondie peut toutefois être nécessaire lorsque les épisodes :

  • commencent à un âge inhabituellement jeune;
  • apparaissent soudainement après une longue période sans symptômes;
  • sont accompagnés de fièvre, de perte de poids inexpliquée ou d'un malaise important;
  • sont associés à des palpitations persistantes, à des tremblements ou à d'autres symptômes inhabituels;
  • surviennent après l'introduction ou la modification d'un médicament;
  • ne correspondent pas au portrait habituel d'un symptôme vasomoteur.

Certaines affections médicales, certains médicaments, l'alcool, des infections, des troubles thyroïdiens ou d'autres causes peuvent provoquer des sensations de chaleur ou des sueurs nocturnes. L'objectif n'est pas de multiplier les examens chez toutes les femmes, mais de reconnaître les situations où une autre explication mérite d'être recherchée.

Quelles options peuvent réduire les bouffées de chaleur?

Le traitement dépend avant tout de la fréquence des symptômes, de leur intensité et de leurs répercussions.

Une femme qui éprouve une bouffée légère de temps en temps n'a pas nécessairement besoin d'un traitement. À l'inverse, des symptômes qui interrompent le sommeil, compliquent les activités professionnelles ou entraînent plusieurs changements de vêtements par jour peuvent justifier une prise en charge plus active.

Lorsque l'hormonothérapie est envisagée, l'INESSS recommande une décision individualisée qui tient compte des antécédents médicaux, des facteurs de risque, des préférences, des objectifs de traitement et des répercussions sur la qualité de vie.

Les mesures de confort

Certaines stratégies simples peuvent rendre les épisodes plus tolérables :

  • porter plusieurs couches de vêtements faciles à retirer;
  • utiliser un ventilateur;
  • garder la chambre fraîche;
  • choisir une literie respirante;
  • conserver des vêtements de rechange à proximité;
  • observer si l'alcool, les boissons chaudes ou les aliments épicés déclenchent régulièrement des épisodes.

Ces mesures peuvent améliorer le confort, mais elles ne modifient pas nécessairement le mécanisme cérébral responsable des symptômes. Les études n'ont pas démontré de façon constante que les techniques de refroidissement ou l'évitement général des déclencheurs réduisent la fréquence ou l'intensité des bouffées de chaleur.

Il n'est donc pas nécessaire d'imposer une longue liste d'interdictions. Il est généralement plus utile d'identifier les déclencheurs qui semblent reproductibles chez une personne en particulier.

L'hormonothérapie

Lorsqu'elle est appropriée, l'hormonothérapie de la ménopause demeure le traitement le plus efficace contre les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes.

Le traitement repose habituellement sur un estrogène systémique. Chez une femme qui possède toujours son utérus, un progestatif doit généralement être ajouté afin de protéger l'endomètre. Après une hystérectomie, un estrogène seul peut habituellement être utilisé.

Selon le cadre de l'INESSS, le choix du traitement doit notamment tenir compte :

  • de l'âge et du stade de la transition ménopausique;
  • de la présence ou non de l'utérus;
  • des antécédents personnels et familiaux;
  • du risque cardiovasculaire et thromboembolique;
  • des migraines;
  • du tabagisme;
  • de la tension artérielle;
  • des préférences de la patiente;
  • des autres symptômes à traiter.

Chez les femmes présentant certains facteurs de risque thromboembolique ou cardiométabolique, comme l'obésité, le tabagisme, les migraines, l'hypertension, la dyslipidémie ou le diabète de type 2, l'estradiol transdermique peut être privilégié, puisqu'il évite le premier passage par le foie.

Le traitement est généralement commencé à une faible dose, puis ajusté selon la réponse et la tolérance. Une période d'environ six à huit semaines peut être nécessaire pour bien évaluer l'effet d'une dose. L'objectif n'est pas d'utiliser automatiquement la plus petite dose possible dès le départ, mais de trouver la plus faible dose qui contrôle adéquatement les symptômes, puis de réévaluer périodiquement les besoins.

L'hormonothérapie ne convient cependant pas à toutes les femmes. Des antécédents de certains cancers hormonodépendants, de thrombose, d'accident vasculaire cérébral, de maladie cardiovasculaire ou hépatique, ainsi que des saignements utérins inexpliqués, peuvent modifier les options ou nécessiter une évaluation spécialisée.

La présence d'un facteur de risque ne signifie pas toujours qu'aucune hormonothérapie ne pourra jamais être envisagée. Elle signifie plutôt que la décision demande une analyse plus individualisée des bénéfices, des risques, de la voie d'administration et des solutions de remplacement.

Les traitements non hormonaux sur ordonnance

Les traitements non hormonaux peuvent être envisagés lorsqu'une femme :

  • ne souhaite pas utiliser d'hormonothérapie;
  • présente une contre-indication;
  • éprouve des effets indésirables;
  • obtient un soulagement insuffisant;
  • préfère une option ciblant également un autre problème, comme l'anxiété, la dépression ou la douleur neuropathique.

Ils ne sont pas tous équivalents et leur efficacité est généralement plus modeste que celle de l'hormonothérapie. Certains peuvent néanmoins apporter un soulagement important.

Les antidépresseurs ISRS et IRSN

Certains inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline peuvent réduire la fréquence et l'intensité des symptômes vasomoteurs.

Selon le médicament choisi, ils peuvent être particulièrement pertinents lorsqu'une femme éprouve également de l'anxiété, une humeur dépressive ou certains symptômes douloureux. Il n'est pas nécessaire d'avoir reçu un diagnostic de dépression pour qu'un de ces médicaments soit utilisé contre les bouffées de chaleur.

Les effets indésirables possibles comprennent notamment les nausées, les changements du sommeil, les effets sexuels ou les variations de la tension artérielle selon le produit. Chez les femmes qui prennent du tamoxifène, certains médicaments, particulièrement la paroxétine et la fluoxétine, peuvent interférer avec son métabolisme et ne constituent généralement pas les premiers choix.

La gabapentine

La gabapentine peut réduire les symptômes vasomoteurs et peut être particulièrement utile lorsque les sueurs nocturnes et les réveils sont les principales préoccupations.

Comme elle peut provoquer de la somnolence, des étourdissements ou une sensation d'instabilité, une prise principalement le soir peut parfois être envisagée. Ces mêmes effets peuvent toutefois limiter son utilisation chez certaines personnes.

L'oxybutynine

L'oxybutynine, un médicament également utilisé pour l'hyperactivité de la vessie, peut réduire les bouffées de chaleur chez certaines femmes.

Elle peut toutefois entraîner une sécheresse de la bouche, de la constipation, une vision trouble ou d'autres effets anticholinergiques. Une utilisation prolongée demande davantage de prudence, particulièrement avec l'avancement en âge ou en présence de préoccupations cognitives. Elle n'est donc pas nécessairement une option de première intention malgré son efficacité possible.

Les antagonistes des récepteurs de la neurokinine

Cette nouvelle classe de médicaments agit directement sur les circuits cérébraux impliqués dans la régulation de la température. Elle ne contient pas d'hormones.

Deux médicaments de cette classe sont maintenant autorisés au Canada pour le traitement des symptômes vasomoteurs modérés ou sévères associés à la ménopause :

  • le fézolinétant (Veozah), un antagoniste du récepteur NK3, autorisé par Santé Canada en décembre 2024;
  • l'élinzanétant (Lynkuet), un antagoniste des récepteurs NK1 et NK3, autorisé en juillet 2025.

Les essais de phase 3 ont montré que ces médicaments peuvent réduire la fréquence et l'intensité des symptômes vasomoteurs. Des améliorations du sommeil et de la qualité de vie ont également été observées dans certains essais.

Leur profil est différent de celui de l'hormonothérapie, mais « non hormonal » ne signifie pas dépourvu de risques ou de surveillance.

Le fézolinétant nécessite une attention particulière à la santé du foie et des analyses sanguines conformément à sa monographie. L'élinzanétant peut notamment être associé à de la somnolence, des étourdissements, de la fatigue ou des symptômes digestifs et peut interagir avec certains médicaments. L'autorisation de mise en marché ne garantit pas une disponibilité uniforme en pharmacie; le coût, la couverture d'assurance et l'accès réel au traitement peuvent varier et doivent être considérés.

Comme ces médicaments sont relativement récents, l'expérience clinique à très long terme demeure moins étendue que pour plusieurs traitements plus anciens.

La clonidine

La clonidine a déjà été utilisée contre les bouffées de chaleur. Son efficacité est toutefois limitée et ses effets indésirables, notamment la sécheresse de la bouche, les étourdissements, la somnolence et les baisses de tension, réduisent son intérêt.

Elle ne fait plus partie des options non hormonales recommandées en priorité par The Menopause Society.

Les approches psychologiques

La thérapie cognitivo-comportementale ne fait pas nécessairement disparaître les bouffées de chaleur, mais elle peut diminuer la détresse, l'interférence avec les activités quotidiennes et l'impression d'être dépassée par les symptômes.

Son objectif n'est pas de suggérer que les bouffées de chaleur sont psychologiques. Elle aide plutôt à réduire certains mécanismes qui amplifient leur impact, comme l'anticipation anxieuse, l'hypervigilance ou les pensées catastrophiques.

Lorsque les sueurs nocturnes ont contribué à une insomnie persistante, une thérapie cognitivo-comportementale spécifiquement conçue pour l'insomnie peut également être utile. Même après une amélioration des sueurs, le cerveau peut avoir développé des habitudes de réveil ou une inquiétude importante face au sommeil. Il peut alors être nécessaire de traiter à la fois les symptômes vasomoteurs et l'insomnie.

L'hypnose clinique structurée dispose aussi de certaines données favorables, mais son accessibilité et la disponibilité de professionnelles adéquatement formées peuvent être limitées.

L'activité physique, le poids et les habitudes de vie

L'activité physique demeure importante pour la santé cardiovasculaire, les muscles, les os, le sommeil, l'humeur et la santé à long terme.

Elle ne devrait toutefois pas être présentée comme un traitement fiable des bouffées de chaleur. Les données ne montrent pas de façon constante que l'exercice, le yoga, les techniques de respiration ou la méditation réduisent directement leur fréquence.

Une perte de poids peut améliorer les symptômes chez certaines femmes vivant avec un excès de poids, mais les résultats sont variables. Cette possibilité doit être abordée sans culpabilisation et dans le contexte plus large de la santé, des médicaments, du sommeil, des changements de composition corporelle et des préférences personnelles.

Qu'en est-il des produits naturels?

Plusieurs produits sont commercialisés contre les symptômes de la ménopause, notamment :

  • l'actée à grappes noires;
  • les isoflavones et extraits de soya;
  • le trèfle rouge;
  • les mélanges de plantes;
  • les suppléments à base de pollen;
  • les cannabinoïdes;
  • différents produits présentés comme des « équilibreurs hormonaux ».

Dans l'ensemble, les études sont hétérogènes et ne démontrent pas une efficacité suffisamment constante pour recommander ces produits comme traitements de première intention des symptômes vasomoteurs.

La qualité, la concentration et la pureté peuvent également varier d'un produit à l'autre. Certains suppléments peuvent interagir avec des médicaments ou ne pas convenir en présence d'une maladie du foie, d'un antécédent de cancer ou d'une autre condition médicale.

Cela ne signifie pas qu'aucune femme ne ressentira d'amélioration. Cela signifie que les bénéfices sont moins prévisibles et que le terme « naturel » ne garantit ni l'efficacité ni l'innocuité.

Les aliments à base de soya peuvent tout à fait faire partie d'une alimentation nutritive. Ils ne doivent simplement pas être présentés comme un traitement dont l'efficacité contre les bouffées de chaleur serait comparable à celle des options médicales éprouvées.

Comment choisir le traitement le plus approprié?

Il n'existe pas une seule bonne option pour toutes les femmes.

Le choix peut dépendre :

  • de la fréquence et de l'intensité des symptômes;
  • de leur impact sur le sommeil et la qualité de vie;
  • de l'âge et du moment où ils sont apparus;
  • de la présence de l'utérus;
  • du besoin de contraception;
  • des antécédents médicaux;
  • des médicaments déjà utilisés;
  • des symptômes associés, comme l'anxiété, la douleur ou les troubles urinaires;
  • des préférences concernant les hormones;
  • des effets indésirables que la personne souhaite éviter;
  • du coût, de l'accès et de la couverture du traitement.

Dans certaines situations, l'hormonothérapie constituera l'option la plus efficace et la plus cohérente. Dans d'autres, un ISRS, un IRSN, la gabapentine, un antagoniste de la neurokinine ou une autre approche sera préférable.

Le premier traitement essayé n'est pas toujours le traitement définitif. Il peut être nécessaire d'ajuster la dose, de changer de voie d'administration ou d'essayer une autre option.

Une réévaluation après environ six à huit semaines permet généralement de vérifier :

  • si les épisodes sont moins fréquents ou moins intenses;
  • si le sommeil s'est amélioré;
  • si les effets indésirables sont acceptables;
  • si le traitement est utilisé correctement;
  • si les objectifs de la patiente sont atteints.

À retenir

Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes sont le résultat d'une modification de la régulation de la température dans le cerveau. Elles ne sont pas un manque de volonté, une mauvaise gestion du stress ou une conséquence qu'il faudrait simplement accepter.

Elles peuvent durer plusieurs années et leur expérience diffère considérablement d'une femme à l'autre. Les données montrent aussi des différences moyennes entre les groupes ethnoraciaux, mais celles-ci reflètent un ensemble complexe de facteurs biologiques, sociaux, environnementaux et structurels.

L'hormonothérapie demeure le traitement le plus efficace lorsqu'elle convient à la situation clinique. Des options non hormonales éprouvées existent également, y compris des médicaments plus anciens, des approches psychologiques et de nouveaux traitements ciblant les récepteurs de la neurokinine.

L'option la plus appropriée est celle qui tient compte à la fois des symptômes, de la santé globale, des risques, des préférences et des priorités de la personne.

Pour aller plus loin

Pour mieux comprendre la place de l'hormonothérapie, ses bénéfices et ses risques, consultez notre article « Hormonothérapie : mythes et faits ».

L'article « Hormonothérapie : quelles sont les différences entre les hormones bio-identiques et les hormones synthétiques? » approfondit quant à lui les différences entre l'origine, la structure moléculaire et les voies d'administration des hormones.

Avis

Cet article présente de l'information éducative générale. Il ne remplace pas une évaluation clinique ni les conseils d'une professionnelle de la santé.

Références et lectures supplémentaires

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Guerda Romain, fondatrice de Pause Claire

Guerda Romain, B.Sc. inf., M.Sc.

Infirmière clinicienne, fondatrice de Pause Claire

Guerda Romain est infirmière clinicienne, titulaire d'une maîtrise en santé publique et membre de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Par l'entremise de Pause Claire, elle offre des soins en périménopause et en ménopause fondés sur les données probantes aux femmes du Québec.

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